Interview publié par Madagascar-Tribune Des rumeurs ont circulé autour d'une éventuelle défection de la part du Pasteur Daniel Rajakoba. En fait, il est plus candidat que jamais. Joint au téléphone, voici ses révélations. Samedi dernier il avait assisté à une conférence-débat donnée à l'Espace Dera sur le Leadership et le management.
Prenant la parole, il en avait profité pour dénoncer, afin de la corriger, I'attitude paradoxale de certains chrétiens : « tout se passe, a t-il dit, comme s'ils étaient des extraterrestres. Plus ils ont la certitude du royaume céleste, plus ils se désintéressent de la vie terrestre. Alors que l'assurance de la vie éternelle devrait être au contraire une motivation profonde pour les stimuler à agir ici-bas. C'est ici-bas qu'il faut se mobiliser, réfléchir, travailler, servir ensemble et rendre notre planète plus agréable. »
Ce samedi-là, il fut également l'invité de la radio Antsiva, pour expliquer aux auditeurs le caractère anticonstitutionnel de la date du 3 décembre et l'irréfutable responsabilité de la Haute Cour Constitutionnelle dans le choix de cette date. Madagascar Tribune : Et depuis, on n'a plus entendu parler de vous ? - Pasteur Daniel Rajakoba : « Pour le début de la campagne, j'ai légèrement modifié ma stratégie : Au lieu de me déplacer, j'ai programmé la première semaine de propagande à accorder des audiences à différentes personnalités: des leaders d'opinion, d'anciens ministres, des pasteurs de la FJKM, installés dans la capitale et habitant dans les provinces, des enseignants du secondaire, de l'Université. Certains ont cherché à me rencontrer pour en savoir davantage sur les déclarations que j'avais faites sur les ondes de BBC samedi dernier ».
Vous êtes plusieurs à affirmer que la date du 3 décembre est anticonstitutionnelle. Cependant, vous vous portez quand même candidats. N'est-ce pas finalement une manière de cautionner le caractère anticonstitutionnel du 3 décembre ? - « Absolument pas. ! Dites-moi, lorsque vous envisagez de passer un examen, que vous vous êtes bien préparé à cet examen, au Baccalauréat par exemple, vous vous êtes acquitté du droit, vous vous êtes inscrit longtemps à l'avance, et ainsi de suite. Et puis vous apprenez que certains correcteurs sont des vendus, que le jury lui-même a été soudoyé, que la date va être avancée, et qu'il y aurait même eu fuite de sujets. Que faites-vous ? Vous renoncez à passer I'examen ? Certainement pas. Je pense que vous le passez quand même, mais cela ne vous empêche pas d'alerter les autres élèves, les parents, I'opinion publique ? Vous comprenez ? »
« Pasteur, que faire alors ? » - « Que faire ? il faut continuer la lutte. Redoubler de vigilance. Continuer de dénoncer haut et fort, aux yeux de l'opinion nationale et internationale le caractère anticonstitutionnel du 3 décembre. D'où la raison de mon intervention sur BBC et à la radio Antsiva. Il faut mettre les bouchées triples. Tout le monde doit s'impliquer : politiciens, société civile, Eglises, médias. Tout le monde. Et les candidats naturellement. Il faut porter à la connaissance du public la déchéance de l'actuelle HCC. Et de l'actuel Président qui a refusé de démissionner. Et enfin, il faut élire un candidat suffisamment instruit et légaliste pour que tout rentre dans l'ordre et pour que nos avancées démocratiques soient protégées. Mais pas seulement légaliste. L'individu en question doit être suffisamment dévoué et patriote pour sécuriser la population tout entière, nationaux et étrangers et veiller au bien-être de nos compatriotes. Et surtout il faut encourager les gens à se rendre aux urnes.
Pour la semaine prochaine, notre Pasteur a un programme de déplacements assez chargé. Son Comité de soutien prévoit une autre conférence-débat sur le même thème du leadership et management dans les locaux de l'ISCAM, le mardi 21 novembre, à 17 heures 30. Article original : Madagascar Tribune N° 5415 du 20/11/2006 |