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Communiqué : Madagascar traverse actuellement une période difficile. Le vent du changement politique qui a suscité tant d’espoirs en 2002 s’est regrettablement mué en une impasse socioéconomique. 

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Tenter une nouvelle approche pour lutter contre la pauvreté PDF Print E-mail
Written by Daniel Rajakoba   
samedi, 11 novembre 2006

En tant que Raiamandreny de la Nation, l'objectif qui guidera notre action, sera de rendre les malgaches autonomes et acteurs de leur développement. Il nous faut donc, par principe, éviter toute mesure qui cultiverait l'assistanat, et la mentalité d'éternels assistés, qui est l'apanage de tous les régimes successifs en général, de celui de Marc Ravalomanana en particulier. Quelles sont alors nos propositions pour le peuple malgache à la veille des élections ?

Le constat

  • 78% des malgaches sont pauvresLe bulletin de vote
  • 80% de la population est rurale et/ou agricole
  • 87% de la population active opère dans le secteur informel
  • Au moins 90% des entreprises sont des entreprises individuelles, unipersonnelles ou familiales

A partir des quelques données statistiques évoquées ci-dessus, et contrairement aux politiques qui voudraient faire de la population active malgache uniquement des employés de très entreprises agricoles ou industrielles, il nous apparaît prioritaire d'orienter 80% des efforts et actions de l'Etat pour les 80% de malgaches qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Le constat général est celui-ci : La population active malgache est en fait en très grande majorité, composée d'entrepreneurs individuels, oeuvrant essentiellement dans le secteur agricole informel. Il se trouve également que c'est cette population qui se trouve être la plus grande victime de la grande pauvreté qui mine le pays (accès aux soins, alphabétisation, insécurité, malnutrition,...)

Le marché du travail à Madagascar étant un marché au sens le plus strict du terme, créer des emplois nécessite une approche novatrice par rapport à ce qui s'est fait jusqu'ici : plutôt qu'une relation d'employeur à employé, il s'agit d'instaurer et de développer une relation de prestataire de services à donneur d'ordres. C'est déjà de cette manière que se constitue l'essentiel des revenus des malgaches : le mécanicien automobile, l'artisan en construction, le plombier, le tailleur-couturier, l'agriculteur, le bouvier, le pêcheur, etc...

Développer Madagascar, c'est développer ce modèle économique, c'est rendre au malgache sa dignité, faire de lui, le propre acteur de son développement. L'action de l'Etat doit alors consister à favoriser l'émergeance de ce modèle.

Comment ?

La démocratisation de l'accès au crédit est un élément clé pour que les plus démunis puissent de la sorte prendre en main leur avenir. Il nous faut donc réformer en profondeur le système bancaire pour vaincre le vieux postulat selon lequel "on ne prète qu'aux riches".

L'action de l'Etat sera alors de :

  • Définir en concertation avec les organismes bailleurs de fonds, les modalités de déploiement d'un système universel de crédit
  • Impliquer le secteur privé bancaire ainsi que les réseaux nationaux des organismes de micro-crédit afin d'en faire des relais et des concessionnaires du service
  • Faire de cette mesure une opportunité pour intégrer les opérateurs informels dans la comptabilité nationale et par là-même, augmenter le nombre de contribuables

Resultats escomptés :

  • Augmentation de l'investissement privé national
  • Relance de la croissance économique
  • Réduction de la pauvreté
  • Responsabilisation des malgaches dans le processus de développement

 

 
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