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Communiqué : Madagascar traverse actuellement une période difficile. Le vent du changement politique qui a suscité tant d’espoirs en 2002 s’est regrettablement mué en une impasse socioéconomique. 

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AFP - Marc Ravalomanana tergiverse après son annonce de prise de pouvoir PDF Print E-mail
Written by Webmaster   
jeudi, 21 février 2002

21/02/2002 - 18:06 ANTANANARIVO, 21 fév (AFP) - L'opposant malgache Marc Ravalomanana, qui avait annoncé qu'il se ferait proclamer président de Madagascar vendredi, tergiversait jeudi et cherchait conseil auprès d'hommes politiques locaux et de la communauté internationale. 

Le rival à la présidentielle du chef de l'Etat sortant Didier Ratsiraka avait annoncé mercredi aux centaines de milliers de ses partisans qui manifestent chaque jour dans le centre d'Antananarivo qu'il allait prendre le pouvoir vendredi au cours d'une cérémonie d'investiture au stade municipal. Jeudi, il a déclenché les huées de près d'un demi-million de manifestants quand il a déclaré qu'il devait réfléchir à l'appel lancé par quatre candidats perdants du premier tour qui lui ont demandé de repousser cette échéance à mardi prochain. Il a cependant demandé à ses partisans de venir au stade municipal vendredi.

Investiture ou non ?

"Nous sommes en train de discuter de cela maintenant avec les diplomates et les chefs des institutions internationales", a-t-il déclaré à l'AFP en début de soirée, en demandant au journaliste son impression sur la "réaction de la foule".

"C'est un homme seul, il est embarrassé, il est venu nous demander du secours", a déclaré à l'AFP le pasteur Daniel Rajakoba, qui a pris la parole à la tribune au nom des quatre candidats éliminés au premier tour. "C'est lui qui est venu nous demander d'évoquer en public la date de mardi", explique M. Rajakoba, "car il pensait que la question de l'investiture n'était pas mûrement étudiée". "On l'accule, lui ne veut pas aller à l'investiture, il recherche quelque chose de légal, de stable", conclut M. Rajakoba.

"Certains de ses conseillers sont des boutefeux, en particulier (l'ancien Premier ministre Norbert) Ratsirahonana et des membres de la vieille garde de l'opposition, mais il en a pris conscience et semble se dégager de leur carcan", analyse un diplomate. "Je ne comprends plus rien (...) Je suis précisément en train de préparer son investiture, je suis moi-même déstabilisé", a déclaré à l'AFP M. Ratsirahonana, contacté au téléphone immédiatement après le discours de M. Ravalomanana.

"J'ai contacté toutes les institutions internationales", a déclaré à l'AFP M. Ravalomanana en refusant toutefois de dire s'il avait totalement rejeté l'idée de se faire investir chef de l'Etat vendredi. "J'ai essayé aujourd'hui de calmer la foule", a-t-il poursuivi, manifestement plongé dans le désarroi.

M. Ravalomanana, maire d'Antananarivo, qui estime avoir remporté au premier tour l'élection présidentielle le 16 décembre, refuse de participer à un second tour en accusant le camp de son rival d'avoir massivement triché. Il est soutenu quotidiennement depuis près d'un mois par des centaines de milliers de manifestants à Antananarivo et paralyse, grâce à une grève générale très suivie depuis plus de trois semaines, la capitale, poumon économique et coeur administratif du pays.

L'annonce de la prise du pouvoir mercredi intervenait après six jours de négociations avec le camp Ratsiraka, sous l'égide de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), qui s'étaient achevées sans progrès sensibles, sinon un accord sur le report du second tour du 24 février au 24 mars. Ce projet avait été condamné par le gouvernement malgache, qui a mis en garde ceux qui iraient à l'encontre de la légalité, mais aussi par la communauté internationale, en particulier l'OUA et la France.

M. Ravalomanana a toujours prêché la non-violence (pas une vitrine n'a été brisée en près d'un mois de manifestations monstres) et le légalisme jusqu'à mercredi. Après son recul de jeudi, la foule paraissait désemparée. "Hier c'était clair, aujourd'hui, on est dans le doute", se lamentait un jeune partisan. "On ne sait pas ce qui va se passer demain", renchérissait un autre. Depuis trois semaines, les manifestants l'appellent président et rejettent catégoriquement un second tour.

AFP 

 
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